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Lire l'article« Je ne veux que ce dont j'ai besoin pour vivre. Je serais bien plus heureuse d'aider dix enfants dans le besoin que de m'acheter dix sacs Louis Vuitton! ». Ainsi parle Ayo, jolie chanteuse révélée en 2006 par le tube Afro-Soul Down on my Knees, issu de l'album "Joyful". A elle seule, cette phrase résume bien l'artiste (et un peu sa musique): candide et pleine de bons sentiments... Presque trop.
Née en 1980 d'un père à la fois nigérian et fou de musique, et d'une mère à la fois allemande et Rom, elle en hérite son métissage, le goût du voyage et le sens de la mélodie. Trois dons qui se révèleront précieux pour sa future carrière.
Le voyage d'abord: elle grandit à Cologne après un bref passage au Nigeria. Avec l'âge adulte commencent les années vagabondes. Ayo pose successivement ses valises dans les cosmopolites Londres, New York ou Paris et se produit dans les clubs. Son talent et son allure feront le reste, qui lui vaudront d'être bientôt remarquée (c'est Jay Newland, producteur de Norah Jones, qui produit son premier album).
La musique ensuite: ses influences se nomment Bob Marley, Jimmy Cliff, Stevie Wonder ou Billie Holiday. Elle dit aussi apprécier la musique des années 70, qui véhicule « plus d'émotions, de sensibilité, que celle d’aujourd'hui ». Son son à elle est assez pur, souvent simple, et la rythmique y dispute la vedette à la mélodie.
Le métissage enfin : physique, bien sûr, et qui lui va si bien, mais aussi musical. Avec cette élégante tige brune au front bombé et aux yeux de biche, les « markéteux » des maisons de disques jouent sur du velours. Elle attire l'œil autant que la lumière. Mais aussi l'oreille. Ses albums "Joyful" (2006) et "Gravity at Last" (2008) synthétisent ses influences Soul, Reggae, Blues, Gospel et même traditionnelles africaines. Ce qui est déjà un peu plus difficile à faire entrer dans les cases du service commercial. Quelque part entre Tracy Chapman pour la musique et Laureen Hill pour le joli minois peut-être.
Évidement, de sa voix chaude et feutrée Ayo raconte l'amour, mais pas le toujours rose. Maman d'un petit Nile né en 2005 de son union avec le chanteur Reggae Patrice, elle aurait écrit Down on my Knees en s'inspirant de sa vie. A peu de chose près, le refrain dit en anglais: « A genoux je t'en supplie, s'il te plait, s'il te plait, ne me quitte pas ». Ses textes évoquent aussi le racisme, une enfance pas toujours facile et marquée par la séparation de ses parents. Ils s'égarent même parfois aux frontières de la politique. Mais toujours «sans rancune, sans procès, (...) la musique reste ma thérapie et l'honnêteté ma bannière» précise-t-elle, angélique... Trop ?
(Source : AlloMusic, Antoine Deshusses)
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