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Trente ans. Trente ans que tous les ans, le jour le plus long de l'année, on fête la musique toute la nuit. Tour d'horizon de ce qui vous attend ce mardi 21 juin à Paris et en Île-de-France.
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Pour les artistes, chaque jour de la semaine est une célébration.... Et on peut les comprendre, se lever pour chanter, il y a pire !
Lire l'articleLongtemps cantonnée au rang d'aimable curiosité folklorique, la chanson québécoise affirme désormais des ambitions qui dépassent les frontières de la Belle Province. Il est loin le temps des Robert Charlebois, Beau Dommage ou Gilles Vigneault, chanteurs sympathiques mais très - trop ? - estampillés « couleur locale » : dans la première décennie des années 2000, le Québec nous a plutôt apporté Cœur de Pirate, Arcade Fire ou Simple Plan ! Des artistes aux confluents de la pop, du folk, du rock et parfois même du jazz, au style cosmopolite et tout à fait à l’aise dans leur époque. C'est dans cette lignée aux ambitions transnationales que se situe leur consœur Ariane Moffat.
Ariane Moffatt est née le 26 avril 1979 à Lévis, au Québec. Son itinéraire musical n'a rien d'underground : appliquée, la jeune fille s'engage dans un cursus universitaire sérieux, sanctionné par un premier diplôme d'études collégiales en musique au CEGEP de Saint-Laurent (section jazz), suivi d'un second en « Musique populaire et chant classique » à l'Université de Montréal. Ses études terminées, elle se lance sur les scènes de son pays, accompagnant notamment Marc Déry (ex-leader du groupe rock Zébulon) en tournée. C’est ainsi qu’elle rencontre l’auteur-compositeur-interprète Daniel Bélanger, qui l’embauche alors comme claviériste-choriste pour la tournée de son album « Rêver mieux » (2001). Et c’est grâce au parrainage de celui-ci qu’Ariane signera sur le label indépendant Audiogram, qui héberge depuis 20 ans la fine fleur de la chanson et de la pop québécoise moderne (Jean Leloup, Bran Van 3000, Isabelle Boulay). C’est là que la jeune femme sortira son premier album, « Aquanaute » (2002), entièrement réalisé par ses soins. Elle y dévoile son style mêlant folk-pop, trip-hop et chanson jazzy, qui séduit rapidement le public de son pays natal : Disque de platine au Québec et troix Félix (les Victoires de la musique locales) remportés en tant que « Révélation de l’année », « Album pop-rock de l’année » et « Réalisation musicale de l’année ».
À cette époque, personne en France ne connaît encore Ariane Moffat. Un anonymat qui va rapidement prendre fin lorsque, en 2004, la Québécoise rencontre Matthieu Chédid aux Francofolies de La Rochelle. Elle remixe alors le titre de -M- La Bonne Étoile, pour en faire un duo virtuel qui paraît sur une nouvelle version d’ « Aquanaute », mais également en single en France. C’est ainsi que l’Hexagone entend pour la première fois la voix d’Ariane, tandis que le Canada se voit gratifié d’un DVD live (« Ariane Moffatt à la Station C » en 2005), puis d’un nouvel album studio : « Le Cœur dans la tête » (2006). Distribué en France presque en même temps qu’« Aquanaute », « Le Cœur dans la tête » permet à l’artiste de nourrir sa popularité naissante dans l’Hexagone, et lui vaut de faire la première partie d’Alain Souchon à l’Olympia de Paris en 2006. La consécration sur le sol français viendra trois ans plus tard avec la sortie de son troisième opus : « Tous les sens » (paru en 2008 au Québec). Le grand public découvre avec délectation cette brune pétillante et talentueuse grâce au tube Je veux tout et à son clip joyeusement foutraque. Moins introspectif que son prédécesseur, « Tous les sens » est le plus cinématographique et contrasté des disques de la chanteuse, et célèbre avec grâce toutes ses influences musicales.
Entre pop indépendante et chanson grand public, Ariane reste sur le fil, effectuant un joli numéro de funambule sans jamais perdre l'équilibre.
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