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Pour son sixième album, le groupe a préféré tenter toutes les combinaisons possibles afin de satisfaire son public et se satisfaire lui-même.
Lire l'articleEn ces temps de grande nostalgie gainsbourienne (déjà 20 ans !), il n'y en a que pour la progéniture de "L'Homme à tête de chou". Avant de suivre de plus près l'actualité de Charlotte et Lulu, les rejetons, intéressons-nous à Alain Bashung dont la voix d'outre-tombe nous fredonne l'histoire de Marilou, la shampooineuse.
Lire la critique"Le dernier des géants". Voilà le genre de sobriquet dont a pu être affublé Alain Bashung depuis le début de sa longue carrière. En 2008, l'hommage venait du magazine Les Inrokuptibles. Et personne n'a vraiment trouvé quelque chose à y redire. Au contraire.
Marathonien de la chanson française, il aurait pu, il aurait dû, ne jamais monter sur une scène, ni même poser une Santiag dans un studio d'enregistrement. Né en 1947, Alain Baschung, avec un "c", se destinait au départ à une carrière dans les chiffres. BTS de comptabilité en poche il s'essaie d'abord au monde de l'entreprise, avant de prendre un virage radical : aux néons de bureau, il va préférer les feux de la rampe, troquer son costume gris contre des boots pointues et son attaché-case contre une guitare... Première inspiration géniale à 20 ans. C'est sous le nom de David Bergen qu'il réalise ses premiers enregistrements, une douzaine, sans vraiment connaître le succès. Un peu trop rapidement rangé par les professionnels du métier dans le tiroir trop étroit des jeunes premiers romantiques, Alain/David Bergen, s'ennuie. En 1973, il joue dans la comédie musicale La Révolution Française de Claude-Michel Schönberg. Cette année là, il rencontre également la banane de Dick Rivers, pour qui il écrit Marylou. Un tube rock.
Le rock justement, il s'y met enfin en 1977. Le déclic, se sera sa rencontre avec le musicien Andy Scott et l'auteur Boris Bergman. Ces trois là vont sortir "Romans Photos" premier opus « Bashungien » d'Alain Bashung, sans « c ». Il lui faudra quand même attendre le début des années 80 et son premier album Disque d'Or "Vertige de l'amour", pour enfin rencontrer le public. Mais pour de bon. Et pour longtemps. Son humour parfois sombre, sa vision du monde poétique, affutée et décalée, et son sens de la formule le placent au croisement de la variété française et du rock le plus pointu. Un entre-deux qu'il ne quittera plus, alternant énormes succès public (Gaby au Gaby, Osez Joséphine, l'album triplement récompensé aux Victoires de la musique "Fantaisie Millitaire", ou son récent tube Résident de la République) et productions plus radicales (l'album "Play blessures", écrit avec Serge Gainsbourg himself en 1982, "Le Cantique des cantiques", enregistré avec sa femme Chloé Mons, dans une église). Artiste atypique et complet, il offre - en parallèle à sa riche carrière musicale - son charisme flottant et mystérieux au cinéma, dans une douzaine de films et avec plus ou moins de bonheur (Rien que des mensonges de Paul Muret en 1982, Félix et Lola de Patrice Leconte, en 2000, ou J'ai toujours rêvé d'être en Gangster, de Samuel Benchetrit, en 2007).
Sa carrière protéiforme, unifiée par un style éminemment personnel et une voix immédiatement identifiable, lui a apporté onze récompenses aux Victoires de la Musique depuis 1986, record à battre, et l'a surtout imposé comme le chaînon manquant (et unique ?) entre la langue française et le rock de qualité. En 2008, Alain Claude Bashung s'est engagé dans son dernier combat, celui que personne ne gagne jamais. Il est mort le 15 mars 2009, une semaine après son ultime sacre publique. Amères Victoires.
(Source : Allomusic)
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