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Walter Sobcek : "Miami" - Interview

14/04/12 - 13:00

Qui est Walter Sobcek ? Un oublié de la french touch ? Un amoureux des années 1980 ? Un hipster has-been ? Perdu. C'est un duo français.Régulièrement, Walter Sobcek éveille la curiosité des blogueurs avec son électro-pop "so frenchy" qui baigne dans une nostalgie hollywoodienne. En 2010, tel une bouteille à la mer échouée sur nos côtes atlantiques, la France est charmée par Je me souviens. Une lettre pleine de désillusions, destinée à un amour perdu : l'Amérique.

Quelques remixes plus tard : Oh Yeah! de Housse De Racket, 1901 de Phoenix, Somebody That I Used to Know de Gotye... Walter Sobcek se décide à sortir un EP. Avec le titre éponyme Miami, le french kiss devient l'arme fatale du lover made in USA.
Mais une ballade pop peut cacher un autre single plus funky : Hollywood Cries. Sur fond de fait divers people qui égratigne le rêve américain, Walter Sobcek préfère la légèreté. Car Hollywood, c'est la vie !

 

[http://www.youtube.com/watch?v=WyQJt8_hxxU]

Alors qui est Walter Sobcek ? Un naïf adepte d'un second degré aux sonorités kitsch ? Une rencontre s'imposait pour élucider ce mystère.    

1. Comment est né Walter Sobcek ?
S : Fred et moi étions invités à une party à L.A., un mec est venu discuter avec nous, il n'avait pas bu que du Tang, apparemment...
F : Et il nous a déballé sa vie, c'était assez dingue... Il avait traîné avec tous les losers du cinéma de L.A. et avait les portables de toutes les actrices de la San Fernando Valley !
S : Au delà de ça, c'était un moment hors du temps, comme dans un film... Le mec nous a dit : "Je reviens, je vais chercher un verre", on ne l'a jamais revu... Breat Easton Ellis en aurait fait un super perso pour un roman...
F : Quand il est parti, on s'est dit, il s'appelle comment ce mec là ? Et on ne savait même pas ! On l'a appelé Walter Sobcek, et on s'est inspiré de tout ce qu'il nous a raconté pour écrire les textes de nos chansons. On a tous les deux toujours été fascinés par les deux visages de Los Angeles et les actrices perdues, de Dana Plato à Savannah et aujourd'hui Lindsay Lohan.
S : Après, il y a aussi beaucoup de nous dans ce que l'on raconte... La déception sentimentale, on connaît... Nous sommes peut-être les derniers romantiques !

2. En nommant votre projet Walter Sobcek, une confusion s'opère : Walter est un personnage fictif composé par un duo bien réel. Pourquoi cachez-vous votre identité ?
S : Il n'y pas de notre part de volonté de se la jouer "mystère", c'est juste que notre univers musical ne justifie pas que l'on se mette en avant. On n'est pas fans de l'idée de mettre nos tronches sur les pochettes.
F : On trouve plus intéressant de développer un imaginaire, avec nos clips. On présente la vision du monde de Walter, mais il n'a pas de visage.
S : On conçoit ce projet comme un concept multimédia, autour de talents. Diane Sagnier, jeune photographe, a réalisé nos deux premiers clips, Charlotte Le Bon la pochette de l'EP "Miami".
F : On aime leurs univers respectifs, et on est toujours en recherche de ce type de collaborations avec des artistes de talent.

3. Votre musique baigne dans une électro-pop désenchantée. À travers vos clips, vous développez aussi un univers rétro. Êtes-vous nostalgiques ?
S : Je dirais plutôt mélancolique. En fait, nous sommes amoureux des couchers de soleil : il y en a de très beaux qui donnent envie de danser ou de faire l'amour, et d'autres qui pourraient faire chialer le pire d'entre nous.
F : En fait, on ne regarde pas tellement dans le rétroviseur. On s'est construit d'influences cinématographiques, musicales et humaines que nous retranscrivons dans notre musique. On essaye juste de préserver une certaine forme d'innocence dans ce que l'on fait.

4. Daft Punk, Phoenix, Benjamin Diamond... sont les premières références qui me sont venues à l'écoute de votre EP. Comme si Walter Sobcek surfait toujours sur la première vague de la french touch. Quelles sont vos influences ?
S : C'est trop d'honneur, vous devriez l'écouter à nouveau quand même (rires). Vous êtes sûr ?
F : Nos influences principales sont en effet Phoenix et Daft Punk mais aussi The Blue Nile, Everything But The Girl, la scène folk californienne de la fin des seventies (Fleetwood Mac, James Taylor, Todd Rundgren, Michael McDonald), Paul Thomas Anderson et Michel Mann pour le cinema...
S : Perso, j'ai plus grandi avec la musique électronique, même si je peux écouter Odd Future ou les Beatles pendant toute une soirée.

5. Depuis 2010, vous inondez régulièrement la blogosphère de remixes et singles qui ont conduit à cet EP. Qui dit EP dit album ?

S : Qui dit album dit chansons ;) Nous bossons dessus. On prend notre temps, c'est vrai... Deux EP en deux ans... On n'a pas le débit de Rihanna, c'est sûr...

6. Et pour finir, trois questions en rafales :
L'Amérique ou la France ?
S : Je dirais l'Amérance. Je viens de passer deux ans à Miami, j'adore les USA, on a un peu le rêve américain tous les deux, et la première fois qu'on a mixé aux USA, j'ai failli pleurer tellement j'étais heureux.
F : Fascination pour l'imagerie et le concept US. Il est vraiment au cœur de notre projet. Maintenant, beaucoup plus heureux en Europe.

Justice ou M83 ?
S : Je devais voir M83 à l'Ultra Music Festival. Apparemment, le set a été un peu foireux, mais quand même mortel. Justice, c'est du lourd. Le concept global est solide.
F : M83 ! Sublimes albums. Et puis, il a ressorti le solo de sax épique avant qu'on puisse le faire...

Kitsch or not kitsch ?
S : Kitsch parfois... Notre prochaine mixtape s'appellera "Clin d'œil", d'ailleurs...
F : Et la dernière s'appelait "Le Retour du chevalier de l'amour". Oui, kitsch, sans aucun doute.

 

 

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Et vous, que pensez-vous de Walter Sobcek ?

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