Solidays 2011 : 1er jour - 24/06/2011
Pour cette première journée de l'édition 2011, Solidays ouvrait ses portes au public dès 16 heures et proposait aux premiers arrivants la possiblité de prendre le temps de se changer les idées avant d'entrer dans le vif du sujet. Les deux heures de battement entre l'ouverture du lieu et le premier "vrai" concert sont l'occasion de découvrir les nouveaux aménagements du site. Fini les bars centraux et les allées réduites, le site paraît plus grand et plus fonctionnel. La contrainte d'espace liée à l'installation d'un practice de golf à Longchamp ne se fait que peu sentir.
Alors que les abords de la scène Paris se remplissent tranquillement, les non-curieux du groove offert par Balkan Beat Box profitent du peu de monde sur le site pour faire le tour des différentes activités, le saut à l'élastique remportant, comme chaque année, la palme de l'animation la plus courue aux Solidays.
Starter de cette première journée, Balkan Beat Box (la formation menée par Ori Kaplan et Tamir Muskat, deux musiciens israéliens installés à New York) remplit aisément son contrat avec sa musique traditionnelle électronisée. Solidays 2011 démarre dans la bonne humeur et la légèreté ; de bon augure pour la suite des événements.
Klaxons à Bagatelle ou Raggasonic au Dôme ? Si les Anglais bénéficient d'une cote hype supérieure, l'emblématique combo des années 1990 profite de la tendance très familiale inhérente aux Solidays et voit trentenaires nostalgiques et autres curieux détendus se rallier à sa cause pendant que la jeunesse tendance court se défouler à l'opposé du site.
Énergiques et enthousiastes, les membres de Raggasonic enchaînent les tubes d'un autres temps et réveillent les mémoires endormies des festivaliers. Couplets et refrains reviennent dans les têtes de chacun, l'ensemble n'ayant pas pris une ride malgré une interruption d'activité de plus de dix ans ; des retrouvailles entre un groupe et son public comme si c'était hier et que rien n'avait changé.
Alors que les premières notes du concert de Katerine sur la grande scène Paris se font entendre, les jeunes Rémois de The Bewitched Hands investissent la scène Domino, bien décidés à tenir tête au fanfaron de la variété.
Malheureusement, face à une telle concurrence, les Rémois perdent le sens des réalités et tombent dans la surenchère scénique plutôt que de se baser sur leur univers rock-psyché léché. Trop jeunes encore pour pouvoir se la raconter sur scène, les membres de Bewitched Hands (notamment Anthonin Ternant) enchaînent les attitudes de rockstar, multipliant les poses plus qu'il ne s'impose. Manifestement à côté de leur show, les Bewitched Hands parviennent néanmoins à tenir leur public avec des ritournelles rythmiques enjouées et des refrains aériens, et ponctuent, comme de coutume, leur set d'une nouvelle composition.
Direction Bagatelle, pour se faire une idée de ce qui se fait de plus indie-underground lors de cette journée du vendredi : Cold War Kids. Mauvais signe pour le groupe américain, le trajet vers Bagatelle se fait à contresens de la foule, le public de Katerine préférant manifestement rester sur ses classiques et aller partager un moment avec Yael Naim sous le grand chapiteau du Dôme.
Alors que Cold War Kids était programmé sur la plus grande scène, la chanteuse aura finalement attiré la majorité du public, excédant largement la capacité du chapiteau. Toujours entichée de son complice David Donatien, Yael Naim offre au public de Solidays l'un des plus authentiques concerts de la journée, alliant douceur et intensité, un simple moment de délicatesse sublimé d'une surprenante reprise jazzy de Smells Like Teen Spirit de Nirvana.
Si Aaron a rassemblé sans mal son public à Paris, c'est Stupeflip qui créera l'événement de ce début de deuxième partie de soirée, rassemblant une foule des plus massives sous le petit chapiteau Domino.
L'absence de Peter Doherty a manifestement du bon : on s'est rassemblé nombreux pour l'électro-hip-hop-nimp de Stupeflip, et King Ju ne se prive pas d'en remercier la dilettante star anglaise. Les hostilités sont officiellement ouvertes dès le deuxième titre, moment à partir duquel il devient littéralement impossible de rester en place. On gesticule, on se bouscule, les coups malencontreux se multiplient : les fans du Crou sont au rendez-vous et le font savoir. Stupeflip est la première formation à faire monter la température ambiante.
Skip The Use se saisit illico du rôle de thermostat sous le Dôme. Car, si l'Ivoirien Alpha Blondy a certainement attiré la plus importante foule de la journée, son reggae redondant aura eu raison de bon nombre de festivaliers allant se réfugier dans la soul d'Alice Russell et dans la fournaise dance-punk de Skip The Use.
Révélation rock de ces dernières années, le combo lillois ne tarde pas à mettre le feu aux poudres et joue des compositions toutes plus efficaces les unes que les autres. Intenable sur scène, Mat Bastard fait étalage de sa voix si particulière pendant que Yann Stefani et consorts assurent un groove irrésistible dont toutes les variations font mouche. Jouant avec le public comme personne en cette journée, Mat Bastard crée les climax de son set, créant tantôt une tranchée en plein milieu de la foule, faisant tantôt s'asseoir l'intégralité du public pour mieux repartir à l'unisson de son signal. Moment d'émotion : le leader du combo demande à la foule une minute de bordel à la mémoire d'un de ses amis hémophile, décédé en décembre dernier. Tout Longchamp résonne sûrement encore aujourd'hui des échos de cet instant.
Présents eux aussi grâce à l'absence de Peter Doherty, Hocus Pocus jouait en clôture de cette journée sur la scène Paris. Élégants et classes, les Hocus Pocus n'auront pourtant pas réussi à reproduire l'intensité live qu'on leur connaît. Malgré des titres et des cuivres entraînants, et un DJ impliqué, le groupe peine à emballer son set et tout le monde se rend compte qu'il fait froid, qu'il est l'heure de rentrer, ou qu'il faudrait penser à manger. Un contretemps que ne semble pas connaître The Go! Team, qui profite de son emplacement à proximité de la scène de Skip The Use, joue les sirènes rock et voit ses efforts récompensés d'un afflux spontané et massif de gens qui ne savaient pas trop où aller en attendant la phase électro.
Une heure du matin : Vitalic s'empare de la soirée à Bagatelle alors que les premiers retours s'organisent. Soul Stereo Crew, Hercule & Love Affair, Popof et Ministre X se partagent les scènes mitoyennes du Dôme et de Domino, laissant aux plus vaillants festivaliers la possibilité de naviguer de l'un à l'autre au gré de la nuit.
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