Chronique : Rock + Game Boy = Pornophonique
Artiste : Pornophonique
Album : 8-bit Lagerfeuer
Contexte : Sorti en 2007 sur le net, disponible en téléchargement gratuit.
Genre : 8-bit, rock, pop.
L’album
Contrairement à ce que laisse présager le nom du groupe, l’album 8-bit Lagerfeuer n’est pas empli de râles interdits aux moins de 18 ans. Point de crainte devant Pornophonique donc : vous pouvez les écouter en public !
Armés d’une guitare acoustique et d’une Game Boy (entre autres), Kay Richter et Felix Heuser sillonnent l’Allemagne (eh oui, ils sont allemands) pour partager leurs compositions, savant équilibre entre musique 8-bit, rock et pop. En 2007 ils sortaient leur album 8-bit Lagerfeuer, téléchargeable gratuitement sur leur site.
Huit titres, trente-deux minutes et différents univers. Take me to the Bonus level because I need an extralife et Space invader versent dans le jeu vidéo, avec des sons sortis des jeux Mario ou Sonic pour le premier et des textes faisant référence à l’univers vidéoludique dans les deux cas (« give me some bonus points, some golden coins » et évidemment l’allusion aux space invaders), 1 / 2 player game fait office de plongée dans le rock (les guitares électriques sont de sortie, et on assiste entre 2:31 et 3:10 à un moment de bravoure, parfait pour se donner du courage lorsque l’on court après le bus !), et Rock’n’roll Hall of Fame clôt l’album en brûlant tout sur son passage - ce morceau flamboyant est une revendication, les deux allemands n’ayant qu’un souhait : entrer au Rock’n’roll Hall of Fame, en toute simplicité.
Soulignons par ailleurs que cet album n’a pas de pochette a proprement parler, il en a huit. Chaque piste à droit à son visuel propre, chacun ayant été créé par un artiste différent. C’est une belle idée, un plus certain en faveur du téléchargement de ce 8-bit Lagerfeuer décidément plein de surprises.
Les titres marquants
La première piste est une vraie claque. Le mélange guitare acoustique / 8-bits est surprenant, dans le bon sens du terme. Sad Robot est délicat, et surtout bien dosé : jamais l’électro ne prend une place trop importante qui viendrait tout gâcher - bon, sauf entre 4:11 et 4:13, mais on pardonne aisément ces deux petites secondes. La voix de Kay Richter, simple, vient rajouter une mesure de charme à la mélancolie douce du morceau.
Sur Lemmings in Love, piste trois, tout se déroule comme prévu : du 8-bits revisité, quelques touches de guitare sèche (un peu difficile à percevoir parfois, mais se forcer à écouter attentivement dévoile des arpèges semblables à des caresses), quand à 0:58 tout bascule. L’événement, c’est la voix féminine de Preslisa qui apparaît, élément totalement inattendu. Penchant parfois du côté du Dream About Me de Moby, elle apporte une agréable nouveauté. A partir de 3:35 on assiste à un de ces moments qui font toute la saveur de la musique : comme si les artistes se dévoilaient totalement, leurs émotions trouvant écho dans celles qu’ils provoquent chez ses auditeurs.
I wanna be a machine est beaucoup plus électronique que les autres - ce qui colle au titre, il faut bien l’avouer. C’est un morceau dur, sur lequel il faut revenir plusieurs fois : il peut sembler sans profondeur, pourtant il se passe indubitablement quelque chose. Un sentiment d’attraction-répulsion, une fascination dégoutée, un véritable malaise. A écouter pour se faire sa propre idée de ce titre qui sonne parfois comme un défi jeté à la face du monde. A noter, l’illustration qui habille I wanna be a machine est l’une des plus sexuées. Un effet du morceau ?
Enfin, Game Over
(qui est pourtant l’avant-dernier morceau !) est fait le parallèle
entre les jeux vidéo et la vie réelle. C’est évidemment au niveau des
paroles que cela se joue (traduction libre) : « Elle a pris tout
mon argent / Elle a pris toutes mes vies / Le jeu est fini / Je ne suis
plus son petit ami / Je ne fais même pas partie de ses meilleurs scores
». La musique n’est pas en reste, ce que Pornophonique prouve aux sceptiques entre 2:30 et 2:57.
Conclusion
Pornophonique ne révolutionnera pas la musique (pas tout de suite, du moins). Mais leur 8-bit Lagerfeuer est
un plaisir, cachant ça et là de (très) bonnes surprises et offrant un
intelligent mélange d’univers. Alors aucune raison de se priver : c’est
gratuit !
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